Bonjour et bienvenue à un autre balado sur la santé et la sécurité du ministère du Travail. Aujourd'hui, nous nous entretenons avec George Gritziotis, le nouveau directeur général de la prévention de l'Ontario.
L'une des plus importantes recommandations formulées par le Comité consultatif d'experts de la santé et de la sécurité au travail, dirigé par Tony Dean, visait à ce que l'on attribue la fonction de prévention au ministère du Travail. Une loi a été adoptée à cet égard, et le 1er avril 2012, le ministère du Travail est devenu responsable de la prévention des blessures et des maladies professionnelles. Cela a été l'un des plus importants changements apportés en 30 ans au système ontarien pour prévenir les blessures et maladies professionnelles.
Bienvenue George. D'abord, qu'est-ce que l'on veut dire exactement par la prévention?
George Gritziotis :
Pour moi, la prévention signifie que les travailleurs rentrent chez eux à la fin de la journée en sachant qu'ils étaient dans un lieu de travail sûr et qu'ils gagnaient leur vie dans un environnement où ils sont prêts à retourner jour après jour.
Lorsqu'un travailleur se trouve dans un tel environnement, il est plus productif, et cela est mieux pour l'entreprise - elle est plus compétitive. Au bout du compte toutefois, cela veut dire un travailleur qui sort de chez lui, va au travail, et revient chez lui à la fin de la journée en sachant qu'il était dans un lieu de travail sûr.
Pour moi, c'est le résultat, c'est cela que signifie la prévention.
Vous êtes le premier directeur général de la prévention de l'Ontario. Quelles sont vos responsabilités et quelle est votre vision? Essentiellement, comment le mandat de prévention doit-il être mis en uvre selon vous?
George Gritziotis :
La première chose pour que je puisse accomplir efficacement mon travail, ce sera de m'entourer de chefs de file et d'intervenants du milieu de la prévention - cela sera une partie importante de mon travail et ce sera pour ainsi dire ma carte de visite. Ce sera la première chose à faire avant que nous abordions les détails pratiques de notre travail. Je pense qu'il est important que j'entende les experts et les intervenants qui ont travaillé dans ce domaine et que j'apprenne d'eux. Je crois que mon travail vise essentiellement à réunir les chefs de file autour de la table et d'assumer un rôle de leadership dans le domaine de la prévention des blessures et des accidents mortels au travail.
Plus concrètement, mon travail sera d'établir une stratégie intégrée de santé et de sécurité au travail en Ontario. Il y a beaucoup de choses qui fonctionnent bien en Ontario dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail, mais beaucoup d'organisations - et cela a été indiqué dans le rapport du comité d'experts - travaillaient isolément les unes des autres, et il est donc important que nous fassions travailler ensemble tous ces protagonistes et organisations; que nous soyons tous sur le même terrain et que nous établissions une feuille de route qui nous permette de collaborer de façon cohérente.
Une autre chose importante à faire, très importante si je songe à la capacité, c'est l'établissement de normes en matière de formation et de certification. Il existe diverses organisations, c'est-à-dire comme je l'ai dit les principaux partenaires du système et d'autres partenaires, qui ont des programmes de formation en place. Je pense qu'il est important que nous établissions des normes. Dans certains cas, il y a des choses qui fonctionnent bien qui dépassent peut-être ces normes, et dans les cas où elles ne respectent pas ces normes, les organisations peuvent modifier légèrement ces normes. Là où il n'y a pas de formation, une part importante de mon travail sera d'élaborer des programmes de formation accessibles à diverses organisations qui n'ont pas accès à ces normes.
Il sera donc important de travailler avec nos partenaires afin d'accroître la capacité, et je veux faire en sorte que nos tentacules atteignent tous les coins de la province lorsque nous parlons de prévention. Il ne s'agit pas seulement de travailleur avec les principaux partenaires, mais de toucher des gens qui, pour le dire franchement, ne connaissent pas leurs responsabilités et ne se rendent pas compte de l'importance de se conformer à la Loi. Il faut que nous allions dans ce monde où se trouvent de petites entreprises et des travailleurs vulnérables.
George, vous avez mentionné que vous vouliez toucher les travailleurs ontariens. Que signifiera la prévention pour eux? Par exemple, est-ce qu'ils devront suivre une formation particulière selon l'endroit où ils travaillent?
George Gritziotis :
Nous avons accompli beaucoup de travail depuis que je suis entré au service du ministère en octobre 2011, un travail visant à élaborer une formation obligatoire pour les travailleurs et une formation obligatoire pour les superviseurs. Nous avons créé un guide sur les droits et responsabilités des employeurs. Nous avons consulté le secteur, et à la mi décembre nous avons publié les résultats et reçus des commentaires. Ces programmes deviendront réglementés plus tard au cours de l'année. Nous allons continuer de consulter nos intervenants.
Nous avons également travaillé dans le domaine des jeunes travailleurs et des travailleurs vulnérables pour les protéger contre les représailles lorsqu'ils refusent de faire un travail qu'ils jugent dangereux. Et nous sommes aussi en train d'établir deux nouveaux comités, mis en place aux termes de l'article 21, qui rendront compte à la ministre et qui se concentreront sur les besoins des petites entreprises et des travailleurs vulnérables, c'est à dire en fonction des priorités précisées dans le rapport Dean. Nous sommes allés de l'avant de façon assez énergique et assez rapidement.
George, qu'est-ce que cela voudra dire précisément pour les travailleurs dans un lieu de travail?
George Gritziotis :
Pour les travailleurs dans un lieu de travail, cela se traduira par un accès à des outils, à des produits qui les aideront à comprendre quels sont leurs droits et responsabilités dans le lieu de travail.
Je ne veux pas que cela se limite seulement à l'accès à des outils et à la lecture de textes sur les droits et responsabilités. Je pense qu'il faudra que cela soit un effort soutenu pour aider les travailleurs à comprendre qu'ils ont un rôle à jouer, et que les employeurs ont un rôle à jouer pour faire en sorte que le lieu de travail soit sûr, ultimement pour les travailleurs et pour eux-mêmes. Les travailleurs auront ainsi la certitude et l'assurance qu'ils sont dans un lieu de travail où l'employeur prend au sérieux la santé et la sécurité et qu'ils se trouvent dans un environnement sûr. Et en gagnant leur vie, ils sauront qu'ils retourneront chez eux à la fin de la journée, convaincus qu'ils travaillent pour un employeur de choix qui prend au sérieux leur santé et leur sécurité.
Comment la prévention et l'application de la loi fonctionneront-elles ensemble?
George Gritziotis :
Au bout du compte, la prévention et l'application de la loi formeront un continuum. Il s'agira d'élaborer des programmes de sensibilisation et d'éducation afin de sensibiliser les lieux de travail et nos intervenants du secteur.
Il s'agira de mettre en place des programmes de prévention comme des programmes de certification des employeurs. Cela signifiera que des inspecteurs vont sur le terrain pour vérifier que les lieux de travail sont conformes, mais dans un contexte où nous faisons tout cela ensemble, au bénéfice de tous.
En définitive, l'application de la loi vise à s'assurer que les lieux de travail se conforment à la loi. Nous voulons que tout cela soit lié de façon cohérente afin que dans le lieu de travail, cela ne soit pas vu comme une approche désagrégée, qui n'a aucun rapport, en matière de santé et de sécurité au travail - c'est une approche réellement intégrée, une approche de service au comptoir où la clientèle peut voir ce que cela signifie, depuis la prévention jusqu'à l'application de la loi. Je pense que lorsque cela a un sens pour la clientèle, que cela a un sens pour l'employeur et pour le travailleur, les chances de succès sont beaucoup plus grandes.
Que nous réserve l'avenir immédiat?
George Gritziotis :
Une plus grande participation des intervenants. Élargir cette participation au-delà des partenaires des lieux de travail; je veux entendre le point de vue des collectivités. Je veux savoir ce que font les collectivités; je veux comprendre ce que font les autres ministères. Je veux comprendre ce que font les autres ordres de gouvernement. En fin de compte, nous devrions faire tout cela ensemble, et j'aimerais que mon rôle soit presque de faciliter tout cela, un peu comme l'entraîneur de l'équipe qui fait en sorte que nous suivons tous le même plan de match.
Merci, George. Nous avons interviewé George Gritziotis, directeur général de la prévention de l'Ontario, pour le balado sur la santé et la sécurité au travail du ministère du Travail.